expo Chine - partie II + III + conclu

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expo Chine - partie II + III + conclu

Message  noyale le Mer 11 Mai - 14:33

II - voyage au centre de la Chine
1) éclat et raffinement d’un riche héritage : culture chinoise
La culture chinoise couvre un ensemble immense et complexe de réalisations dans les domaines les plus divers, dont les plus anciennes remontent à 5000 ans, qui ont vu le jour sur le territoire de la Chine, la plus vieille entité géo-politique du monde moderne. On peut en effet considérer l'actuelle République populaire de Chine (à laquelle certains proposeront de rattacher Taïwan, au moins sur le plan culturel), comme son héritière directe. Cette continuité, qui a permis la diffusion efficace de pratiques, objets et concepts, confère à certains éléments de la culture chinoise un aspect généralisé qui transcende les différences régionales et historiques. . D'autres réalisations culturelles sont au contraires spécifiques à une région ou à une époque. À cet égard, la façon dont les divers domaines de la culture chinoise ont abordé l'influence occidentale et la modernité à partir du xixe siècle et continuent de réagir à la mondialisation est une question de grand intérêt. Le développement économique de la Chine remet en cause les traditions et les arts populaires, particulièrement dans les régions de l'intérieur. De nombreuses formes de la culture, telles que la broderie ou le théâtre, sont en train de disparaître.

la place de la femme
Bien que Mao Zedong ait reconnu que les femmes « supportaient la moitié du ciel », hier comme aujourd’hui, une véritable égalité entre les hommes et les femmes n’a jamais existé.

de petits pieds
Au Xe siècle naquit la coutume qui consistait à bander les pieds des fillettes dès l’âge de 4 ou 5 ans. Ceux-ci restaient tout petits, ce qui était un critère de beauté ; on les appelait « lotus d’or ». Cette pratique causait de très vives souffrances, mais les familles devaient s’y résoudre, car elles risquaient de ne pas pouvoir marier leur fille. Le bandage des pieds a été interdit par le gouvernement républicain en 1911.

fille, épouse, mère, concubine
Dans la société chinoise traditionnelle, la place de la femme était toujours envisagée par rapport à l’homme. Fillette et jeune fille, elle appartenait à son mari ; mère, elle se devait de mettre au monde un enfant de sexe masculin. Dans les familles riches, le chef de famille pouvait avoir une épouse principale et d’autres épouses, appelées concubines, qui vivaient toutes sous le même toit.

liberté pour les femmes
Les femmes avaient un statut très bas aussi bien dans la famille que dans la société. Le régime communiste a mis en place dès 1950 de nouvelles lois qui leur ont permis une certaine émancipation : la polygamie a été interdite, le divorce autorisé, et l’âge minimum pour le mariage fixé à 16 ans ; autrefois, il n’était pas rare qu’une fillette soit mariée dès sa naissance.

les fêtes
Les grandes fêtes traditionnelles sont liées au rythme des saisons et au calendrier des travaux agricoles.

le Nouvel An
Appelée aussi fête du Printemps, Le Nouvel An est la plus grande fête chinoise. Sa date change chaque année en fonction du calendrier lunaire : elle est fixée à la deuxième lune après le solstice d’hiver. La fête du Printemps est le symbole du renouveau, elle chasse les influences néfastes ; ce jour-là, il est interdit de parler d’argent, de faire tomber ses baguettes (signe annonciateur de mort), de balayer ou de tenir un couteau...

la fête des Lanternes
Quinze jours après se tient la fête des Lanternes, qui célèbre la première pleine lune de l’année. Elle clôt les festivités du Nouvel An. Aux porches des maisons sont suspendues des lanternes. Processions, danses du lion et du dragon animent les festivités ; enfants et adultes parcourent les rues en tenant des lanternes au bout d’un bâton.

la fête des Morts
Célébrée le 4 avril, on la nomme aussi Qingming, « fête de la Pure Clarté », parce qu’on rallumait les foyers que l’on avait éteints pendant trois jours. On va balayer les tombes des ancêtres, leur faire des présents...

pensée et philosophies
Entre le Ve et le IIIe siècle avant notre ère se sont développées plusieurs écoles de pensée qui ont expliqué leur vision du monde en s’appuyant sur des notions qui existaient depuis les temps les plus anciens.

Yin et yang
Dans l’Antiquité chinoise, on considérait que le monde reposait sur l’alternance de deux principes complémentaires : le yin et le yang. Le yang représente le principe mâle, le soleil, le jour, les dessus ; le yin représente le principe femelle, la lune, la nuit, le dessous. C’est l’alternance de ces principes qui fait naître le « souffle vital » que l’on appelle le qi.

les cinq éléments
Au IIIe siècle avant notre ère, un système de correspondance a été établi entre les cinq éléments (Wuxing : le bois, le feu, la terre, le métal et l’eau, qui se succèdent de façon cyclique) et les saisons, les directions, les couleurs, les organes, les saveurs...

le Yijing
La vision de l’univers et de la place de l’homme à l’intérieur de celui-ci est développée dans le Yijing, ou Livre des mutations, un très ancien ouvrage qui a d’abord servi à la divination. Celle-ci consistait en un système complexe de tirage au sort de figures symboliques. Tous les penseurs et philosophes de Chine se sont référés au Yijing, lequel a beaucoup fasciné les Occidentaux.
Les principales religions pratiquées sont le taoïsme et le bouddhisme (représentés par divers courants) ainsi que la religion traditionnelle qui emprunte aux deux précédentes et aux traditions locales tout en intégrant le culte des ancêtres. Les deux premières constituent avec l’idéologie confucianiste les « trois écoles » dont les représentants se disputaient l’influence à la cour. Elles comprennent dans leurs pratiques des ascèses individuelles et le monachisme, alors que tous les aspects de la religion traditionnelle sont intimement liés à la vie sociale, économique et familiale.

2) l’envers du décor (la Chine des gens ordinaires)
Habillement, nourriture, métiers, activités commerciales sont en Chine comme ailleurs le reflet de l’évolution de la société. Les changements sont aujourd’hui rapides et profonds, même si certains aspects de la vie quotidienne, comme le calendrier, les habitudes culinaires, l’habillement... continuent à obéir à des règles immuables, tout en s’ouvrant aux coutumes des sociétés occidentales.
La Chine antique était une société basée sur l’agriculture. Comme la vie paysanne est réglée sur le rythme des saisons, la science du calendrier s’est développée très tôt et a eu un rôle important. Si le calendrier officiellement en usage est solaire, comme en Occident, le calendrier lunaire conserve une large place.

Du premier au douzième mois
Le calendrier solaire a été adopté en Chine à partir de 1912. Le 1er janvier de cette année-là fut appelé 1er janvier de l’an I de la république. Après 1949, la Chine a adopté le système international. On indique la date en donnant l’année, le mois, puis le jour.

calendrier lunaire
Le calendrier lunaire continue à être utilisé en parallèle avec le calendrier solaire, mais il s’établit un certain décalage entre les deux, car douze mois lunaires ne font que 354 jours, au lieu des 365 jours un quart de l’année solaire. Il est donc nécessaire d’ajouter tous les trois ans un mois intercalaire. C’est aussi pour cela que le jour de la fête du Printemps (le Nouvel An lunaire) est situé à une date qui varie entre la fin janvier et la fin février de l’année solaire.

Du rat ou du cochon ?
L’horoscope chinois repose non pas sur douze périodes de l’année, mais sur douze années lunaires désignées par un animal. Selon son année de naissance, chacun appartient à l’un de ces signes, dans leur ordre de succession : Rat, Buffle, Tigre, Lièvre, Dragon, Serpent, Cheval, Chèvre, Singe, Coq, Chien et Cochon.

la cuisine
L'un des éléments caractéristiques de la culture chinoise est sans nul doute son mode alimentaire. D'ailleurs, selon Curnonsky, la Chine partage avec la France le privilège de posséder à la fois une politesse et une cuisine; la cuisine et l'écriture gourmande y sont vieilles de 4 000 ans, et un proverbe dit: «Bien manger, c'est atteindre le ciel.» La tradition culinaire chinoise s'est constituée en association étroite avec la philosophie, la religion et la médecine, c'est pourquoi on y trouve un grand respect pour les subtilités de la table, pour les préoccupations diététiques, et une forte symbolique: il y a un «langage» des plats (tel ragoût correspond à un vœu de succès, telle viande à un souhait de longue vie). Le trait fondamental de cette cuisine, reconnue comme l'une des meilleures au monde, est la recherche de l'harmonie par l'union des contrastes: mélange des quatre saveurs (acide [aigre], salé, amer, doux), respect des couleurs et du goût naturel de chaque ingrédient.

symboles à toutes les sauces
Hormis leurs qualités gustatives, les aliments sont aussi chargés de symboles. Le poulet et le poisson sont annonciateurs de fortune et de chance. On déguste des écheveaux de nouilles pour souhaiter la longévité, des dattes et des châtaignes pour souhaiter la naissance d’un fils. Le gâteau de mariage contient de l’huile et du miel, qui symbolisent l’union harmonieuse des deux familles.

riz, pâtes ou pain ?
Plus le repas est simple, plus la proportion de céréales est grande. La viande reste un luxe à la campagne.
c’est bon pour la santé ?
L’idée que les aliments sont bons pour la santé est vieille de plusieurs milliers d’années. La distinction entre aliment et médicament n’est d’ailleurs pas nette : on peut acheter certaines denrées chez l’herboriste, et parfois des substances médicinales chez l’épicier. Ail, gingembre, cannelle, igname, vinaigre, soja ont tous des propriétés thérapeutiques.

le thé
Avant de devenir la boisson nationale, il fut utilisé comme un remède. Cultivé surtout dans les provinces du Sud, le thé chinois représente le quart de la production mondiale.
pour devenir immortel
Connu en Chine dès la plus haute Antiquité, le thé, sous sa forme sauvage, fut d’abord un médicament. Utilisé en emplâtre ou consommé en infusion, il chassait la fatigue et faisait office de fortifiant. Les taoïstes s’en servaient dans leur quête d’immortalité.

la cérémonie du thé
Plus tard, on apprit à cultiver le thé et on commença à le préparer en recouvrant simplement les feuilles d’eau bouillante. Mais pas n’importe quelles feuilles, ni n’importe quelle eau... Des traités expliquaient les meilleures méthodes de culture et donnaient des conseils pour préparer la boisson, pour le choix de l’eau de source. La cérémonie du thé est l’occasion de le déguster selon un rituel très précis dans une atmosphère de méditation.

Le costume
Dans l’ancienne Chine, la jupe et la robe ont longtemps constitué le costume à la fois des hommes et des femmes. Au début du XXe siècle, le vêtement s’est occidentalisé. Pendant la période maoïste, tous les habitants du pays ont porté un costume bleu, gris ou vert qui était censé mettre tout le monde sur un pied d’égalité.

Mode Mao
La veste au col rond ras le cou a été mise à la mode au cours des années 1910-1920 par le président Sun Yat-sen qui s’est inspiré du costume occidental. Après 1949, elle est devenue l’uniforme des cadres du Parti communiste chinois ; elle a été adoptée par l’ensemble de la population, masculine ou féminine, assortie à un pantalon à la coupe unisexe, sous le nom de « costume Mao », donné par les Occidentaux qui avaient vu au cinéma ou à la télévision des images du président saluant la foule.

retour de la robe fendue
Portée par toutes les femmes mandchoues sous la dynastie des Qing, la qipao était devenue le vêtement fétiche des Shanghaïennes des années 1930. Cette robe moulante, avec un col droit, boutonnée sur le côté de la poitrine et fendue sur la cuisse, fait un retour en force en Chine et ailleurs dans le monde. Désormais, de nombreux couturiers étrangers s’en inspirent pour créer leurs collections.

mode ethnique
Chaque minorité nationale possède ses costumes, richement colorés et brodés, qui sont portés aussi bien dans la vie quotidienne que pour les fêtes.

l’agriculture
Les paysans sont très pauvres. En effet, une partie de leur modeste produit est prélevé sous forme de rente foncière, de taxes... L'exploitation sociale dont était victime la paysannerie est une évidence.
La rizière inondée est omniprésente. Elle tapisse non seulement le fond des plats, mais les versants eux-mêmes , convertis en terrasses. Cependant elle connut des difficultés, dans le sens où les conditions d'utilisation rendaient l'agriculture chinoise étroitement dépendante des fluctuations météorologiques. Or, en Chine du Nord la sécheresse se fait fortement ressentir. On parle d'un caprice du ciel qu'on tente d'amadouer en implorant le "Roi dragon" qui fait venir la pluie, parfois en s'immolant ou en se noyant dans une mare afin d'apaiser son courroux.
On pratique également la sériculture (vers de soie), la culture des céréales (orge, millet, blé...)
Le labeur n'est pas épargné. Ainsi pendant la morte-saison, femmes et filles s'adonnent à longueur de journée à des travaux (tissage à la main, vannerie...). Les garçons vont chercher au loin bois mort et brindilles ou passent des après-midi entier à faire paître le buffle le long des sentiers.

Les rendements demeurent modestes. Le fait est que l'agriculture reste archaïque (pas de techinques perfectionnées). Bien sûr des salaires de misère sont de mise. Le fait est que la majorité des employeurs sont eux-même cultivateurs.
De plus, ils étaient souvent endettés. On dit qu'entre 1929 et 1935, près de 45% des foyers paysans étaient endettés. Beaucoup d'entre eux allaient vendre leurs produits sur des marchés. Ce sont en particulier les paysans des faubourgs. Hormis un petit nombre de marchés couverts gérés par le Shanghai Municipal Council, la grande majorité des marchés sont à ciel ouvert. On y trouve ainsi des marchands ambulants, cordonniers, artisans...

3) un peuple bridé, muselé par la censure (sang sur la culture ?)
à bas les étrangers !
Un grand mouvement de révolte éclate en 1900. Les membres d’une société secrète qui pratiquent une sorte de boxe rituelle destinée à les rendre invincibles s’en prennent aux étrangers : des milliers d’entre eux sont massacrés. Cixi, l’impératrice qui assure la régence, les encourage. Les étrangers sont assiégés dans leurs concessions. Mais, après 55 jours de siège, un corps expéditionnaire international met fin à la révolte des Boxeurs. Le mouvement des Boxeurs est significatif des contradictions d’une époque de grande confusion. Né du désir populaire de reconquérir une identité nationale bafouée par les puissances étrangères, ms aussi foncièrement anti-mandchoue, il est très vite manipulé par le pouvoir.

propagande socialiste
L’idéologie socialiste, souvent largement utilisée comme propagande de façade, et la part des jeux de pouvoir en sa faveur, qui semblent avoir dominé ses choix politiques pour la Chine. Rupture radicale avec le passé, ou règne d’un nouvel « empereur » de Chine d’une nature inédite ? Presque jamais sorti de Chine, ne parlant aucune langue étrangère, nourri de la culture classique de l’ancien Empire du Milieu, lui-même poète, calligraphe et écrivain à ses heures, Mao semble à beaucoup avoir souvent autant puisé dans l’héritage de Confucius que dans celui de Karl Marx.

1949 : un tournant dans l’histoire de la Chine
Mao reconnaît un peuple bafoué : avant, la Chine, c’était dix-huit mille mandarins, et au-dessous rien : les campagnes, la masse paysanne. La seule unité était dans le confucianisme, morale de la hiérarchie, de vertus et d’obéissance, dont les mandarins étaient les gardiens. Les communistes apportent un système serré et coordonnée de haut en bas (au désordre succède l’ordre ! peut être trop), ils veulent l’adhésion de tous les hommes et, pour chacun, de tout l’homme. Tout « camarade » doit démontrer sa participation active et son approbation, en s’inscrivant dans une organisation correspondant à son statut social. Le peuple n’a plus le droit d’être un troupeau indifférent ou simplement obéissant. Il faut qu’à tout niveau et en toute circonstance le parti soit en contact avec lui pour l’encadre, le surveiller, le mobiliser et, au besoin, le punir. "On nous accuse d'être totalitaires, et bien oui, nous le sommes. On nous accuse d'être des oppresseurs, et bien, nous opprimons les contre-révolutionnaires et les ennemis du peuple. C'est même le rôle de l'État, de la police et de la justice."
• barrage contre la culture ? Omniprésence du gouvernement

III – un éventail artistique
1) quand l’art devient arme (propagande)
Alors, l’art devient une arme de propagande, instrumentalisé par le pouvoir qui a une main mise sur tout même sur la culture ! (censure…)
Dans une chine encore peu alphabétisée, la BD fut l’instrument indispensable de diffusion de la pensée politique ; en effet, l’image parle d’elle-même et peut ainsi toucher un large éventail générationnel.

la bande dessinée
L'un de ces arts que l'on peut mentionner est la bande-dessinée. Le terme de "manhua" est aussi bien utilisé pour les bandes dessinées qui viennent de Chine, que de Hong Kong. Les manhuas (ainsi que les manhwas, coréens eux) se lisent dans le sens occidental et pas "à l'envers" comme les mangas japonais.
Les lianhuanhua (littéralement : "images enchaînées"), est le nom communément donné aux bandes dessinées chinoises traditionnelles. Ces livres illustrés sont également connus sous le nom de "Xiaorenshu", qui signifie "livres pour enfants". Les Lianhuanhua sont, typiquement, des petits formats à l'italienne, avec un dessin sur chaque page.
La grande période des Lianhuhua s'étend des années 1940 au milieu des années 1980. Ces bandes dessinées chinoises était un outil de diffusion de la propagande et d'édification des masses plus important que la télévision.
Fondés sur l'art traditionnel chinois, les bandes dessinées sont une forme artistique appartenant à la fois à la littérature et à la peinture. Ces livres illustrés pour enfants constituent, ainsi, un véritable héritage de la culture chinoise. D'après ce que l'on rapporte, une campagne a été lancée pour que ces bandes dessinées chinoises traditionnelles soient classées parmi le patrimoine culturel immatériel. Les dessinateurs chinois ambitionnent de promouvoir l'accès de la bande dessinée chinoise traditionnelle sur le marché mondial.
On peut notamment citer Monsieur Wang, bande dessinée créée par Ye Qianyu qui, à travers son héros éponyme et son acolyte Xiao Chen, se moque férocement des défauts de la classe moyenne de Shanghai tout en décrivant la vie des petites gens. Elle est publiée à partir de 1929 dans le magazine Shanghai Manhua, le premier périodique chinois spécialisé dans le domaine qui se présente alors sous la forme d’un journal de huit pages (dont quatre pages de BD) au format tabloïd, imprimé en lithographie bicolore. Une autre série, Sanmao de Zhang Leping, publiée dès 1935, relate les aventures d’un enfant rieur et espiègle qui doit son nom aux trois mèches de cheveux qui ornent son crâne. Cette BD se distingue elle aussi par son originalité et son caractère comique.
À côté de ces nouvelles séries, les adaptations de romans en bande dessinée se poursuivent, et face à l’engouement du public et à une demande croissante en la matière.
Par ailleurs, l’aspect critique et satirique de certaines gravures publiées dans la presse, dénonçant la mainmise étrangère et des vices de société comme l’opiomanie ou le jeu, annonce déjà l’apparition du genre lianhuan manhua (bande dessinée humoristique, avec ou sans dimension politique). On peut citer les Cent apparences du vieux singe, publiés en 1913 dans le Journal de la République. Cette série tournait en dérision la personne de Yuan Shikai, premier président (despote) de l’Histoire de la Chine, en s’appuyant sur un jeu de mots que permet l’homophonie (yuan) des caractères 袁, le patronyme du dirigeant, et 猿 qui signifie "singe".
Ces critiques illustrées de l’impérialisme et des seigneurs de la guerre, accompagné d’explications sur le sens de la révolution, se feront encore plus vives lorsque le front uni entre le Guomindang et le Parti communiste intègre ce style de bandes dessinées dans l’appareil de propagande. Il regroupe alors journalistes et artistes engagés qu’il entraîne dans son sillage au cours de l’Expédition du Nord en 1926, inaugurant ainsi un nouvel emploi de ces supports en les distribuant à la population.
Au cours des années 30, alors qu’on commence à trouver à Shanghai des bandes dessinées étrangères comme Flash Gordon ou Mickey, le genre se développe et s’enrichit, mais la mise en place d’une censure par le Guomindang réduit ce genre de BD à caractère politique à néant. Il faudra attendre l’entrée en guerre de la Chine contre le Japon en 1937, pour que celles-ci réapparaissent.
Dans le Shanghai occupé par les japonais et délaissé de ses meilleurs illustrateurs, dont beaucoup fuient à Canton ou à Hong-Kong, les bandes dessinées commerciales médiocres dominent le marché.
D’autres enfin, comme Ye Qianyu et Zhang Leping, fondent une équipe de propagande par la caricature et la BD, et suivent le repli des troupes gouvernementales vers Chongqing. Cela leur donne l’occasion d’organiser des expositions itinérantes qui, par le biais d’affiches, de caricatures et de bandes dessinées, décrivent par exemple les atrocités commises par les troupes japonaises, les moyens de se protéger des bombardements aériens et la nécessité d’un soutien accru à la lutte de libération nationale.
Mais le Guomindang, qui se méfie des sympathies procommunistes de cette équipe, cesse de lui apporter son soutien en 1940. Cela entraîne certes sa disparition, mais les artistes qui la composaient restent néanmoins très actifs. La bande dessinée militante, anti-japonaise, éventuellement critique vis-à-vis du gouvernement quand elle parvient à déjouer la censure, demeure un des modes d’expression privilégiés de tous ces artistes. Au cours de la guerre, ils sont rejoints par de nombreux autres artistes dans les zones libérées contrôlées par le Parti communiste chinois, où, tout en formant de jeunes graphistes, ils participent à l’éducation politique des populations de ces régions encore essentiellement rurales.

artistes engagés
C'est à partir de l’arrivée au pouvoir des Communistes en 1949, que l’humanisme et le réalisme des cinéastes de Shanghaï devint suspect aux yeux des autorités. Les studios du Kuomintang furent confisqués par l’Etat, le Bureau Central du Cinéma fondé à Pékin et les censeurs communistes supervisèrent l’élaboration des films du début à la fin. Les scénaristes étaient sous l’autorité de deux instituts et leur travail alloué aux studios selon un système de quotas. Au début, les studios privés pouvaient encore travailler. Mais suite à la campagne de MAO Zedong contre la production Kunlun La Vie de Wu Xun (1950) de SUN Yu (un éditorial dans le Quotidien du Peuple en mai 1951) ces derniers ne purent survivre en l’état. Ils fusionnèrent et passèrent sous l’autorité de l’Etat en 1952. Dans ce contexte, les films américains furent interdits à la diffusion et remplacés par des films soviétiques et d’Europe de l'est et l’Académie de Cinéma de Pékin est fondée en 1950. Les années 50-60 seront celles de la Troisième Génération, celle des cinéastes du Réalisme Socialiste avec pour thèmes la lutte des classes, les héros révolutionnaires, le groupe, le sentiment national, les visions utopiques. Face à cette situation, les cinéastes déjà accomplis se tournent vers des genres idéologiquement « neutres » tels que le film historique, le film de guerre, l’opéra, l’adaptation littéraire.

Par ailleurs, les artistes se mobilisent fortement. On assiste à une véritable exode des artistes. L'offensive japonaise de 1937 provoqua le repli des forces nationalistes et l'installation du gouvernement à Chongqing au Sichuan, qui demeura la capitale provisoire de la Chine libre de 1937 à 1945. De nombreuses institutions, et notamment les Académies des beaux-arts récemment créées dans les grandes métropoles des provinces littorales, furent également amenées à se reformer dans l'Ouest du pays.
L'exode des artistes s'inscrivait dans des mouvements de population de grande ampleur. En 1938, les Académies des Beaux-arts de Hangzhou et de Pékin devaient être réunies pour former une seule institution basée à Yuanling., avant d'être déplacée à Kunming en 1940 puis à Bishan, près de Chongqing.
Loin de se limiter à Chongqing, ils durent se fixer dans différentes villes des provinces du Sud-Ouest de la Chine, notamment à Guiyang, Guilin, Kunming et Chengdu. La population de Chongping est passée de 200 000 habitants à plus d'un million entre la fin 1938 et 1939.
En dépit des évènements, la guerre ne signifia pas un arrêt de la création artistique. L'enseignement fut réorganisé et les expositions se poursuivirent. Les territoires de l'Ouest de la Chine où s'étaient réfugiés ces artistes allaient même devenir une source d'inspiration pour un certain nombre d'entre eux. Les grands espaces des provinces occidentales, largement inconnus ou oubliés des peintres actifs dans les grandes villes de l'est du pays, devaient influencer leur vision du paysage. Ainsi, le profil spectaculaire des montagnes qui entouraient Chongqing allait nourrir les visions sombres et inspirées de Fu Baoshi (Tempête) ou de Lin Fengmian. D'autres peintres allaient pousser plus avant leur découverte de l'Ouest de la Chine, jusqu'au confins de l'Asie centrale. Au cours de ses voyages, Wu Zuoren parcourt les étendus désertiques du Tibet et du Qinghai.
Le contact avec les habitants des provinces de l'Ouest inspirèrent encore les artistes : costumes, textiles des ethnies du Sud-Ouest, femmes Miao qui montre une image stylisée, les danses...

2) quand de l’ombre jaillit la lumière : art vivant
Ainsi, on peut parler de l'art théâtral. Dans ce domaine l'opéra chinois prime. Le Kunqu fut dominant jusqu'au XIXe siècle. Apparu vers le milieu de la dynastie des Ming (1368-1644), ce théâtre littéraire succède au Yuanqu, théâtre plus populaire de la dynastie des Yuan (1271-1368) inspiré par la haine de l'envahisseur mongol. C'est sous la dynastie des Qing (1644-1911) que des théâtres locaux, notamment des provinces de l'Anhui et du Hubei, s'installent à Pékin. Avec la guerre civile née de la rébellion Taiping, ces théâtres fusionnent pour donner naissance au Jingju ou opéra de Pékin, moins raffiné que le Kunqu. Acrobaties et scènes guerrières sont jouées par des acteurs qui pratiquent les arts martiaux. Donnant lieu à un véritable travail de mise en scène et d’acrobatie elles font les délices du public et assureront à l’Opéra de Pékin sa réputation internationale. Ainsi, Yang Xiaolou (1877-1937), le plus célèbre Wusheng de sa génération (élu meilleur acteur de sa catégorie en 1928).

Les troupes se produisent dans la rue, montées sur des estrades de fortune, chez des particuliers ou encore dans les maisons de thé dont plusieurs abdiqueront d’ailleurs leur vocation première pour devenir des théâtres permanents. Jusqu’à la chute de l’Empire en1911, tous les rôles y compris les rôles féminins sont tenus par des hommes. Dans ce registre, Mei Lan-Fang, né à la fin du siècle dernier occupera une place de premier plan tant comme auteur et créateur de costumes que comme acteur. Et lorsque après la chute de l’Empire en 1911, les femmes seront enfin admises sur les planches et qu’en 1928 sera créée la première troupe mixte, l’art de Mei Lan-Fang servira de modèle à la plupart des actrices. Avec l'invasion japonaise de 1937, les idées communistes de Mao Zedong conduisent tout d'abord à une transformation des rôles en faveur du peuple (ouvriers, paysans, soldats). Puis la Révolution culturelle entraîne la disparition totale de l'opéra traditionnel. La résurrection n'aura lieu qu'un an après l'élimination de la Bande des Quatre (en octobre 1976).

L’opéra chinois est une combinaison savante de plusieurs disciplines : danse, musique, chant, littérature, acrobatie et mime.
La musique partie intégrante de l’art théâtral chinois : elle permet de camper les personnages et de scander la narration. Elle comprend des chants et un orchestre. Ce dernier est dirigé par le joueur de tambour qui donne le rythme.
Mais les rôles des acteurs reste très important. Les interprètes doivent non seulement être des acteurs et des chanteurs accomplis, mais ils doivent également exceller dans l’art de la danse et de l’acrobatie et maîtriser la pratique des arts martiaux. Après une formation de base, qui commence très tôt, généralement vers sept ou huit ans, les qualités propres au jeune acteur le destineront plus particulièrement à une certaine catégorie de rôle. L’acteur, ayant étudié sous l’autorité de son maître, enseignera à son tour son savoir sans jamais rompre la chaîne.
L'opéra de Pékin comprend quatre types de rôles :
Le sheng, principal rôle masculin, comprend les rôles d’homme âgé reconnaissable à sa barbe (lao sheng), d’adolescent ou de jeune premier (xiao sheng), enfin de guerrier spécialisé dans les acrobaties (wu sheng).
Les rôles féminins dan sont au nombre de cinq : le qing yi, femme vertueuse d’âge mur, le hua dan, coquette, le guimen dan, jeune fille demeurant encore chez ses parents, le wu dan, femme intrépide voire guerrière, le lao dan, vieille femme.
Le jing ou visage peint peut être aussi bien un bandit qu’un juge ou un général. Le choix des couleurs de son maquillage exprime avec précision l’état d’humeur ou le grade du personnage. Le caractère du jing, toujours violent et exalté, s’exprime parfaitement dans les scènes de violence et dans les combats.
Le chou ou bouffon est reconnaissable au disque blanc peint sur ses yeux et son nez. Dans les rôles bienfaisants ce peut être un personnage facétieux et excentrique ou bien franchement stupide, dans les rôles malfaisants il peut s’avérer carrément méchant.
Tous ces différents rôles requièrent une gestuelle, un maquillage et des costumes qui leur sont propres. L’acteur doit respecter une gestuelle minutieusement codée. Les mouvements obéissent à des règles précises et servent à exprimer les nuances du caractère et les sentiments du personnage. Chaque geste induit une action. Quand ils ne suffisent pas à expliciter la scène, l’acteur utilise des accessoires : tenir un fouet à la main signifie, par exemple, que l’acteur est à cheval. Les postures sont aussi régies par des conventions gestuelles dont le déchiffrement est indispensable pour comprendre la représentation. Les acteurs utilisent des gestes de base, extrêmement stylisés, parfois exagérés, mais qui, tous, sont issus de la vie quotidienne. Ainsi, lorsque l’action se déroule en pleine nuit, les acteurs doivent faire en sorte que le spectateur perçoive les ténèbres autour de lui.

La simplicité des décors témoigne d’une tradition autrefois itinérante, les troupes se produisant alors en plein air, dans la rue ou dans des maisons de thé.
L’opéra chinois a élevé la technique du maquillage au rang d’art. Plus que tout autre composant du rôle, il permet de reconnaître dès son entrée en scène les nuances d’un personnage. Au premier coup d'œil, le spectateur doit savoir à quel genre d’individu il a affaire : loyal, perfide ou bienveillant. Le maquillage met en évidence le caractère psychologique et moral des personnages.
Mais c’est dans les visages peints que l’art du maquillage en Chine confine à la démesure. Chez les jing et, à un moindre degré, chez les chou, le maquillage aboutit à un véritable remodelage du visage de l’acteur, à l’élaboration d’un masque vivant qui représente à lui seul le raccourci symbolique du personnage.
Le trait dominant du caractère est exprimé par une couleur principale et nuancé par des couleurs secondaires et par le dessin. Par exemple, le rouge correspond à la loyauté et à la raison, c’est la couleur des héros.



Ensuite, se trouve le théâtre parlé qui marque bien une évolution. En effet, dans les théâtres traditionnels , comme avant la dynastie Yuan, aucune pièce n'était présentée en langue vernaculaire ou sans chant. Des masques d'opéras de toute sortes de couleurs furent utilisés dans de nombreux opéras chinois. Au tournant du XXe siècle, les étudiants chinois qui reviennent de l'étranger commencent à s'essayer au théâtre occidental. Suivant le Mouvement du 4 mai de 1919, un grand nombre de pièces occidentales furent représentées sur des scènes chinoises et certains dramaturges s'inspirèrent de l'écriture théâtrale de l'occident. Le plus connu d'entre eux est Cao Yu ; ses œuvres majeures comme L'Orage, La plaine sauvage et L'Homme de Pékin ont connu un large public en Chine. Dans les années 3O, des productions théâtrales représentées par les troupes culturelles de l'Armée Rouge dans les zones contrôlées par les Communistes sont consciencieusement utilisées pour promouvoir leurs objectifs et leurs idéaux politiques. Dans les années 40 les théâtres étaient parfaitement établies dans les bastions du Parti Communiste Chinois.

Enfin, cette période est également marquée par un essor de l'architecture. Ainsi, l'ouverture de l'ancien palais impérial en 1925 fut un événement de la plus haute importance pour la connaissance de l'art traditionnel. Elle rendit accessible à un large public les trésors d'art des collections impériales.
Une volonté de créer un style national dans le domaine de l'architecture semble s'imposer On parle d'une renaissance de l'architecture chinoise, qui ne s'étendit pour l'essentiel qu'aux éléments décoratifs et assez peu aux éléments structurels. Dans cette même optique, un institut d'étude de l'architecture chinoise est créé.
L'architecture est aussi marquée par une occidentalisation, c'est-à-dire que des bâtiments plus modernes sont créés à l'image d'hôtels luxueux. L'essor de l'économie se perçoit alors; on peut citer les buildings de la Hong-Kong & Shanghai Banking Corporation.

théâtre et opéra
Englobant chant, musique, danse, mime, acrobatie et art dramatique, l’opéra est un spectacle populaire qui était joué sur les places ou dans les rues. Il possède un répertoire de milliers de titres inspirés de l’histoire, de la mythologie et de la littérature.
un art très populaire
Les représentations avaient lieu pour les fêtes de village, elles étaient une offrande aux divinités. On louait pour quelques jours une troupe et on dressait une estrade de fortune. Il arrivait même que l’on joue lors des enterrements, ou pour conjurer des désastres comme les invasions de sauterelles. Dans les villes, les maisons de thé, ou parfois les demeures de hauts dignitaires, accueillaient les représentations. Le répertoire s’enrichit avec la création de nombreuses pièces écrites par les acteurs eux-mêmes ou par des auteurs, dont on n’a pas conservé les noms, car ce genre de divertissement était mal vu et ils préféraient garder l’anonymat.

cinéma
Quand cet art nouveau apparut il y a cent ans, il fallut lui trouver un nom. Ce fut dianying, « ombres électriques ».
La première projection de films eut lieu à Shanghai en 1896, un an après l’invention du cinématographe en France par les frères Lumières. Pendant les deux premières décennies du XXe siècle, il connaît ses premières réalisations, passant du muet au parlant. Les années 1930 constituent son âge d’or. Désormais, ce n’est plus un simple divertissement, mais un moyen de propager des idées nouvelles et de procurer un véritable plaisir esthétique.

cinéma de propagande
Comme les autres arts, après 1949, le cinéma est mis au service de la révolution et devient l’un des principaux outils de propagande du parti communistes au pouvoir. Pendant la Révolution culturelle, les Chinois sont contraints de voir et revoir les quelques films autorisés.

musique
A l’origine, la gamme chinoise reposait sur cinq notes (gamme pentatonique) au lieu des sept notes de la gamme occidentale. La première symbolisait le centre, la terre et l’empereur ; la deuxième, le sud, l’été, le feu et le Premier ministre ; la troisième, l’ouest, l’automne, le métal et le peuple ; la quatrième, le nord, l’hiver, l’eau et les affaires d’Etat ; la cinquième, l’est, le printemps, le bois et l’univers. On voit à quel point la musique, comme la danse d’ailleurs était intégrée au cycle des saisons, à la nature et à la société. On y ajoute plus tard deux notes supplémentaires.

3) caractères et caractéristiques d’une culture « rouge »
peinture et calligraphie
La calligraphie et la peinture sont deux arts étroitement liés : ce sont des activités hautement spirituelles pratiquées par les lettrés, qui cherchent à développer toutes le possibilités offertes par l’encre et le papier. A côté des peintures de personnages, d’animaux ou de plantes, le paysage est le genre noble par excellence.

activités physiques
Souvent oublié voire considéré comme inexistant pendant cette période, on ne peut oublier la présence du sport, voire son développement pendant cette première moitié du XXème siècle. Par exemple, il y eut une compétition de natation en 1935. Dans le stade nouvellement construit à Jiangwan, la ville de Shanghai organisa les premiers championnats sportifs nationaux.
De plus, les compétitions sportives modernes ont été introduites en Chine à la fin du XIXème siècle, et l'enseignement sportif a d'abord été dispensé dans certaines universités des missions étrangères, avant de se généraliser. En 1920, pratiquement toutes les écoles avaient leur propre enseignement des sports. On trouve même des équipes féminines, comme celle de basket-ball dans une université shanghaïenne.
On peut également évoqué le marathon des Shanghaïens, organisé par les autorités. Du fait de la consommation d'opium généralisée en Chine au XIXème siècle, la santé de nombreux habitants s'est détériorée, situation résumée par l'expression utilisée en Occident pour désigner la Chine: "l'homme malade de l'Extrême-Orient". Le gouvernement s'est donc attaché à améliorer les conditions sanitaires de la population, d'où la création du marathon.
A l ‘époque du maoïsme, l’activité physique était une pratique obligatoire et très encadrée pour assurer la santé physique et mentale des individus. Aujourd’hui, les Chinois s’adonnent à des sports de plein air pour le plaisir, et l’éventail des disciplines, inspiré de l’Occident, est de plus en plus varié.

arts martiaux
Immortalisé à l’écran par Bruce Lee, Jackie Chan ou Jet Li, le kungfu regroupe les dix-huit styles de boxe pratiqués en Chine depuis 2 000 ans. Que ce soient les exercices à mains nues, avec des armes ou les exercices de combat, tous sont destinés à la défense et non à l’attaque.

renaissance culturelle
On parle alors d'une véritable renaissance culturelle. Tout d'abord, il y eut des mouvements pour la langue parlée. L'introduction de la langue courante dans la littérature fut l'une des principales préoccupations des intellectuels. Parallèlement, ceux-ci souhaitent la constitution d'une langue nationale accessible à tout Chinois et dans laquelle doivent se confondre langue écrite et langue parlée. Considérée comme indispensable à l'ouverture et à la modernisation de la société, une telle langue devait promouvoir un système commun d'éducation et permettre la développement du commerce, de la presse et des publications,... La langue parlée s'imposa comme forme écrite de la langue nationale, puis, au cours des années 1920 et 1930, comme seule langue de référence pouvant répondre aux exigences d'une société moderne.

la ligue du mouvement libérateur de Chine
Désormais la Chine propose aussi une littérature moderne. Ce changement fut initié principalement par Lu Xun (1881-1936) qui fut le premier écrivain chinois de prose (autre que le roman) en langue vernaculaire, ainsi que par les réformateurs littéraires Hu Shi (1891-1962) et Chen Duxiu (1880-1942). L'écrivain Lu Xun rédige des nouvelles et des essais qui incarnent l'évolution de l'écriture passant du wenyanwen, l'écriture classique, au baihua. Le contenu de ses œuvres porte également un témoignage sur la fédération progressive des écrivains au sein de l'Association des écrivains chinois, qui devront souscrire aux préceptes de propagande et de censure du Bureau culturel à partir de l'avènement de la République populaire de Chine en 1949.
La fin des années 1920 et les années 1930 furent des périodes de créativité pour le roman de fiction chinoise, et les associations et revues littéraires adoptèrent de nombreuses théories artistiques qui proliféraient alors. Parmi les écrivains majeurs de cette époque figure Guo Moruo (1892-1978), un poète, essayiste et critique littéraire; Mao Dun (1896-1981), le premier romancier à sortir de la ligue du mouvement libérateur de Chine et l’un de ceux dont les œuvres reflètent la lutte révolutionnaire et la désillusion de la fin des années 1920; et Ba Jin (1904-2005), un romancier dont l’œuvre fut influencées par Ivan Tourgueniev et d’autre écrivains russes. Dans les années 1930, Ba Jin rédigea une trilogie qui dépeignait la lutte de la jeunesse moderne contre la dominance de l’antique système familial confucianiste. Lao She (1899-1966), satiriste et romancier talentueux, fut un autre écrivain important de cette période.
La ligue du mouvement libérateur de Chine fut fondée en 1930 et incluait Lu Xun dans sa direction. En 1932, elle adopta la doctrine soviétique du réalisme socialiste qui affirmait que l’art doit se focaliser sur des événements contemporains à travers une approche réaliste, exposant les maux des sociétés non socialistes et promouvant l’avènement du glorieux futur sous le règne du communisme. Après 1949, le réalisme socialiste basé sur le célèbre “Discours de Yan'an sur la Littérature et l’Art” prononcé par Mao en 1942 est devenu l’unique style littéraire des auteurs chinois dont les œuvres furent publiées. Cependant, des conflits se sont rapidement développés entre le gouvernement et les écrivains. Les talents de satiristes et de critiques de la société contemporaine qui avaient rendus si utiles les écrivains pour le parti communiste chinois avant son accession au pouvoir, ne furent plus les bienvenus par la suite. D’autre part, la persistance parmi les écrivains de ce qui fut déploré comme étant de “l’idéalisme de petit bourgeois” ou de “l’humanitarisme” et une volonté de liberté dans le choix des thèmes de leur œuvres, devint plus gênant encore pour le parti.

L’écriture chinoise
Les caractères chinois sont composés d’un certain nombre de traits fondamentaux qui sont toujours tracés dans le même sens et dans un ordre précis. Au cours des années 1950, la Chine a procédé à une simplification de son écriture, en réduisant le nombre de traits de certains caractères. Ces caractères « simplifiés » sont en usage aujourd’hui en république populaire de Chine. En effet, à l'arrivée au pouvoir des communistes, une réforme de l'écriture se mit en place. Elle consistait à simplifier les sinogrammes pour faciliter leur apprentissage.
En 1958, la Chine a imposé la transcription pinyin, qui a été ensuite adoptée officiellement par l’ONU et les grandes agences de presse. Seule Taiwan a conservé son propre système.

arts plastiques
Mais l'un des arts majeurs reste bien sûr la peinture. La période voit la redécouverte de la peinture ancienne , c'est-à-dire que les artistes se réapproprient un héritage quelque peu oublié, celui de la peinture des personnages, dans ses dimensions sacrées et profanes (Deux tibétaines aux dogues de Zhang Daqian). Le thème des animaux reste prégnant, proposant un réel éloge de la nature: le tout est peint dans un style épuré avec omniprésence du paysage, soit en arrière-plan ou thème même de la peinture. Cela se voit surtout grâce à une grande précision du végétal.
Mais par-dessus tout, l'occidentalisation s'impose aussi dans ce domaine. Les jeunes artistes étaient, par des voyages, en contact avec l'art européen. Alors que les peintres traditionnels peignaient presque exclusivement des paysages et des plantes, les artistes découvraient maintenant l'homme. Mais à la fin des années 20, la plupart des jeunes peintres influencés par l'Occident se tournaient de nouveau vers la peinture à l'encre chinoise.
Dans les arts plastiques, on abandonna la peinture à l'huile pour utiliser la peinture à l'encre chinoise. C'est donc à une évolution des techniques que nous assistons. Avant le XXème siècle, les peintres chinois n'avaient jamais utilisé la peinture à l'huile. Seules l'encre chinoise et les couleurs à l'eau étaient appliquées sur du papier ou de la soie. Le papier chinois est très absorbant. Une fois qu'un trait a été tiré, il est impossible de le corriger. Pour les peintures très élaborées, le papier est traité avec de l'alun, qui le rend moins absorbant. La soie fait généralement l'objet du même traitement. Sur la plupart des peintures chinoises, on peut voir une estampe à l'encre rouge ou un sceau indiquant le nom de l'artiste. La plupart des œuvres chinoises sont peintes sur rouleau. Elles sont composées de deux bâtons de bois, épais en bas et mince en haut. Quand on ne les expose pas, on les roule autour du plus gros bâton pour pouvoir les ranger.
La gravure connut, elle aussi, ses lettres de noblesse. Contrairement à la peinture, la gravure sur bois avait connu depuis des siècles une grande diffusion dans le peuple sous la forme de représentations religieuses et de dessins utilitaires. Elle semblait propre à parler aux masses.
Mais, le mouvement de la nouvelle gravure fut lancé en 1929 à Shanghai par l'écrivain Lu Xun. Il fit connaître en Chine la gravure européenne de l'expressionnisme.
Les graveurs s'intéressaient principalement à l'homme et représentaient surtout les travailleurs, les opprimés et les nécessiteux, si bien que le mouvement devint suspect d'influence communiste aux yeux du gouvernement. Il fraya la voie au réalisme socialiste dans les beaux-arts.
Divers éléments culturels prirent place ainsi. L'association pan-chinoise des cercles littéraires et artistiques en résistance contre l'ennemi (le Japon) en est l'exemple parfait. La société déploya une grande activité pour soutenir l'effort de guerre. Elle mobilisa des écrivains et des troupes de théâtre qui furent envoyés au front pour faire du travail de propagande et exalter le patriotisme.
La poésie, elle aussi, se réorienta. On demandait des poèmes patriotiques qui pussent être récités ou chantés par le grand public.
L'un des évènements les plus marquants fut le forum sur les Arts et la Littérature tenu à l'Académie Lu Xun en 1942. Mao Tse-Tung y tint ses célèbres causeries visant à rallier les écrivains et les artistes à la ligne politico-culturelle du parti. D'après lui, les écrivains devaient être voués au peuple, notamment aux travailleurs et aux paysans. Il demanda aux créateurs d'aller vers les masses et de se mettre à leur écoute.
Après la fin de la guerre, les artistes retournèrent à l'est. Shanghai et Pékin retrouvèrent leur position de centre culturel.

révolution culturelle
Tout cela mena à une révolution culturelle. La grande révolution culturelle prolétarienne, plus couramment la grande révolution culturelle est une période de l'histoire chinoise qui commence en 1966 et s'achève à la mort de Mao Zedong en 1976.
En 1966, Mao décida de lancer la révolution culturelle qui lui permit de revenir au pouvoir en s'appuyant sur la jeunesse du pays. Le dirigeant souhaitait purger le PCC de ses éléments « révisionnistes » et limiter les pouvoirs de la bureaucratie. Les « gardes rouges », groupes de jeunes Chinois inspirés par les principes du Petit Livre rouge devinrent le bras actif de cette révolution culturelle. Ils remirent en cause toute hiérarchie, notamment la hiérarchie du PCC alors en poste. Les intellectuels furent, de même que les cadres du Parti, publiquement humiliés, les mandarins et les élites bafouées, les valeurs culturelles chinoises traditionnelles et certaines valeurs occidentales dénoncées au nom de la lutte contre les « quatre vieilleries ». Le volet culturel de cette révolution a tenu en particulier à éradiquer les valeurs traditionnelles. C'est ainsi que des milliers de sculptures et de temples (bouddhistes pour la plupart) furent détruits. L'expression politique s'est libérée par le canal des « dazibao », affiches placardées par lesquelles s'exprimaient les jeunes révoltés. Une période de chaos s'ensuivit qui mena la Chine au bord de la guerre civile, avant que la situation soit peu à peu reprise en main par Zhou Enlai. Cette agitation permit à Mao de reprendre le contrôle de l'État et du Parti communiste.
Selon le sinologue Simon Leys « La révolution culturelle, qui n’eut de révolutionnaire que le nom, et de culturelle que le prétexte tactique initial, fut une lutte pour le pouvoir menée au sommet entre une poignée d’individus, derrière le rideau de fumée d’un fictif mouvement de masse». Pour l'historien Eric Hobsbawm, la révolution culturelle a été une « campagne contre la culture, l'éducation et l'intelligence sans parallèle dans l'histoire du XXe siècle».


conclu :
1) Depuis des siècles, la Chine fascine l'Occident et renforce par son hermétisme son caractère merveilleux et fascinant. L'éloignement, l'isolement géographique, les barrières linguistiques, le manque d'information objective rendent difficile la connaissance de ce pays immense. Son histoire lui confère une originalité de civilisation qu'elle entend conserver. La société chinoise n'a pas rompu brutalement avec son passé. Elle en reste au contraire très imprégnée tout en ayant profondément modifié son comportement général. Tradition et révolution s'affrontent et se complètent, se renforcent et s'opposent. Les mentalités des individus ont été modifiés, l'unité et la fierté nationales retrouvées. La personnalité écrasante de Mao Zedong et sa volonté de transformer une société figée, a longtemps marqué la vie de la nation toute entière. Toujours à la recherche d'une voie adaptée, la direction chinoise a la lourde tâche de mener vers une société nouvelle près d'une quart de l'humanité.
Le fait est qu'aujourd'hui la population ne semble pas disposer de sa pleine liberté. On constate aujourd'hui une démesure grandissante. Le combat est loin d'être terminé et la Chine doit progresser sur les chemins de la liberté. C'est un peu l'image des Jeux Olympiques: bien sûr, qu'ils soient organisés à Pékin montre toute l'évolution économique et le développement incroyable du pays, mais on sait que , par exemple, des tas de bâtiments furent anéantis. La controverse ne manqua pas. Malgré leur volonté de rester hors de la politique internationale, les responsables du comité organisateur et du Comité international Olympiques furent mis en porte à faux quant aux questions relatives aux droits de l'homme et à la politique du gouvernement chinois vis-à-vis de la situation au Darfour.

2) D’une Chine à l’autre, finalement, le bilan n’est pas très différent. Les victimes du communisme chinois dépasseront de loin en nombre celles du régime antérieur. Mao n’aura pas eu les mains pures. Les erreurs colossales du nouveau régime feront autant de millions de morts que l’ancien, notamment pendant les « trois années noires » d’après le bond (1960-1962), où beaucoup mourront de faim. C’est Deng Xiaoping lui même, l’héritier, qui a déclaré que Mao a peut être fait périr autant d’hommes que Staline. Mais il ne fait pas de doute que d’une ère à l’autre ce peuple intelligent et dynamique s’est sorti de l’ornière du passé et de la misère, que la Chine s’est levée, qu’elle s’est modernisée, commençant à rattraper son énorme retard et à freiner le terrible accroissement de sa population qui pèse lourdement sur tous ses efforts. Et c’est en quelque sorte à travers ses ratages et ses souffrances, subis avec un courage sans pareil que la Chine atteint à la fin de ce siècle le statut de grande puissance moderne admirée, respectée, présente et active dans le monde entier…


noyale

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