Exposé d'histoire : Zeus

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Exposé d'histoire : Zeus

Message  Laure-anne le Jeu 18 Nov - 19:42

Etant donné que je ne sais pas vraiment où le mettre, je mets ici notre exposé sur Zeus. Je l'ai mis en entier, sinon ça va devenir compliqué de l'envoyer à tout le monde. Par ailleurs, il me semble que Nolwenn est en train de voir pour mettre tous les documents sur un serveur. Si tu pouvais me dire où tu en es ... Voilà donc ! Bon courage ...

INTRODUCTION
Zeus (du grec ancien Ζεύς / Zeús) est le roi des dieux. Le nom grec Ζεύς repose sur le thème *dy-ēu-, issu de la racine indo-européenne *dei- qui signifie « briller ». Elle est également à l'origine du sanskrit « ciel lumineux », et du latin diēs, « jour ». En grec ancien, on la retrouve dans les mots ἔνδιος / éndios et εὐδία / eudía qui désignent respectivement le midi (l'apogée de la journée) et le beau temps. Ce nom entre dans la composition de nombreux mots : le nom des Dioscures (Διόσκουροι / Dióskouroi, les « jeunes de Zeus », Castor et Pollux).
Zeus, (Ζευς) dieu suprême des Grecs, fils de Cronos et de Rhéa, époux d'Héra, hérita lors du partage du monde entre Poséidon et Hadès, de la souveraineté sur les airs et les terres. A l'origine, personnification du ciel clair et des phénomènes célestes, Zeus devint le dieu souverain des dieux et des hommes, ordonnateur du monde et garant de ses lois.
Eschyle écrivait : « Zeus est l’éther, Zeus est la terre, Zeus est le ciel, oui, Zeus est tout ce qu’il y a au-dessus de tout. »
Ainsi, Zeus selon Homère habite l'éther c'est-à-dire la région splendide et calme qui s'étend au-dessus de l'atmosphère terrestre, des nuages, des tempêtes où il ne fait jamais nuit. Les montagnes, dont les sommets, baignés de lumière et d'air pur, semblent monter jusqu'à l'éther, sont ses trônes et il n'est guère en Grèce de lieux hauts sur lesquels Zeus n’ait été adoré. Mais sa résidence la plus connue se situe sur l'Olympe où se trouvait son magnifique palais construit par Héphaïstos au milieu des palais des autres Olympiens. Il fut assimilé par les Romains sous le nom de Jupiter qui hérita de ses légendes et de ses attributions. On retrouve également des divinités semblables dans d'autres panthéons : Taranis chez les Gaulois, Thor et Odin chez les Scandinaves ou encore Shiva chez les hindous
Qui était finalement ce « père des dieux et des hommes », tant redouté, tant admiré?
Notre exposé est construit en trois temps ; d'abord, nous allons analyser les attributs de Zeus parallèlement à l'iconographie qui lui est relative, c'est-à-dire les représentations qui en ont été faites. Il s'agira là de construire son identité. Puis nous le replacerons dans la mythologie grecque, et enfin nous étudierons Zeus avec les hommes, dans la société humaine grecque antique.

I. Attributs, iconographie
1. Identité
Zeus, maître de la destinée, est parfois représenté ou décrit avec une balance où s’estime le sort octroyé à chacun. En dépit de ceux qu’il aimerait favoriser, même si les péripéties peuvent en être modifiées, il ne change pas le destin mais le réalise. Il a reçu, au cours du partage du monde, la sphère céleste, la partie la plus considérable, la plus imposante et la plus mystérieuse aux yeux du genre humain. Le Ciel est un poste privilégié : Zeus observe les actions des hommes, peut intervenir et les corriger. Hésiode écrivait : « L’œil de Zeus voit tout, connaît tout ». Ce domaine inaccessible aux hommes va paradoxalement le rapprocher d’eux.
Le dieu de la nature : Maître d’en haut, il préside à tous les phénomènes atmosphériques. Il est le dieu de la pluie (Hyetios) et des vents, dont il a confié la garde à Eole; aussi bien des vents mauvais, qui amènent la neige et les pluies torrentielles, que des vents qui apportent la pluie douce et bienfaitrice; il est aussi le dieu du beau temps (Æthrios); par suite, il devint le dieu fécondant, protecteur des moissons et des fruits qui fait gémir les arbres sous le poids des fruits (Epicarpios).
Mais c'est surtout comme maître de la foudre (Astrapæos: qui darde la foudre) qu'il était craint et vénéré. Il déchaîne l'orage en agitant l'égide (Erigdoupos: au bruit terrible) et déclenche la foudre (brontaeos). Le dieu peut se montrer dans « son mauvais jour » : Zeus Terpichéraunos (qui aime manier la foudre); Zeus Néphélégèrétès (qui accumule les nuages) ; Zeus Maïmaktès (qui souffle la tempête)… Ainsi le bien-être de l’humanité dépend de ses volontés, de ses caprices ou de ses colères, parce qu'il peut amener canicule et sécheresse, comme tempête et tonnerre.
Le dieu de la justice : Il est un modèle pour les rois en tant que législateur (Zeus anax, basileus, aristarchos). En effet, il préside au maintien des lois, des sociétés humaines, des associations de tout genre : fratrie (Phratios), tribu, état, confédération (Zeus Hélénios), ou amphictyonie (assemblée des amphyctions, délégués des cités de la Grèce chargés d’organiser les jeux.) Hésiode : « Les poissons et les bêtes et les rapaces dans l’air se dévorent les uns les autres. Mais à l’homme, Zeus a donné la Justice. La Justice a son siège à côté du trône de Zeus. » .On retrouve ces attributions dans les nombreux épithètes et surnoms qui le qualifient: Alexicacos celui qui écarte les maux menaçants; Mêlichios celui qui protège les faibles, les indigents, les fugitifs et, de façon générale, le Zeus sôtèr, sauveur de tous les suppliants
Il est le dieu bienveillant des rois — ils sont souvent issus de héros — et le dieu de toutes les royautés car elles émanent du pouvoir divin : sur terre, les souverains sont l’équivalent des dieux et Homère ne craint pas de les qualifier de « dioguénès » et de « diotréphès » (né de Zeus et nourri par Zeus). Il est encore le garant des libertés civiques (Zeus Éleuthérios, dieu libérateur) ; des pactes et des serments (Zeus Orkios, dieu des serments), etc.
Le dieu de la famille au sens large: il est le « Père » des dieux : Zeus Pater, dieu du foyer (Ephestios ou Ktêsios), dieu des clotures et des murs (Hercios) aussi bien des maisons que des cités, dieu du mariage (Gamélios), dieu de l'amitié (Philios), dieu de l'hospitalité (Xénios), de la propriété familiale (Herkéios), de la cité et de sa sécurité (Poulieus) ou des assemblées populaires (Agoraios) mais aussi, garant des serments (Horcios).
Il est aussi un dieu guerrier :
Il préside aux armées : dieu des belles armées (stratios), du courage pour faire face à l'ennemi (stator), de la ruse pour le tromper (Dolios,ou Apatenor), de la victoire (niceplioros), ou la déroute (phyxios ou phyxelios). Zeus est chargé de modérer l’hubris, la démesure des généraux, des rois.
Un dieu bienfaiteur et sauveur : Zeus Sôtêr
Il n’y a pas d’autres dieux qui soient autant invoqués par les Grecs pour le secours et la sauvegarde. À l’esprit des grands capitaines, pas de décisions importantes sans le consulter. On lui sacrifie après un voyage et on l’invoque avant d’entreprendre : Zeus Alexikakos, qui écarte les maux. De nombreux ports ont un temple dédié à Zeus Sôtêr (dieu salvateur). Les Athéniens célèbrent, le dernier jour de l’année, la fête des Disotéria. On l’invoque pour se faire pardonner en offrant des sacrifices à Zeus Meïlikios. Zeus est surtout un dieu purificateur et cela donne lieu à des fêtes importantes à Athènes : les Diasia (fêtes de Zeus, « dios »). En automne, une période de sacrifices d’ovins à Zeus Phratrios durait de 3 à 4 jours, à Athènes et dans les grandes cités : c’étaient les Apaturies (Apatouria) ou fêtes des phratries. Les sacrifices sont en effet un moyen d’atteindre le dieu et d’obtenir la purification et la réconciliation. Tout criminel ne doit pas être puni avant d’être purifié car il s’est souillé aux yeux de Zeus et porte atteinte aux lois divines et non plus aux lois des hommes qui ne réclament que vengeance.
2. Attributs
Les attributs ordinaires du dieu sont:
• le sceptre en bois de cyprès, symbole de sa royauté tenu de la main gauche,
• l'égide qui est une arme redoutable aussi bien offensive que défensive; elle sert aussi à déclencher les orages. Zeus s'en est servi pour la première fois dans la lutte contre les Titans et les Géants; Son origine reste obscure. Hésiode raconte que Métis la confectionna pour sa fille Athéna et il est vrai qu'elle l'a souvent portée contrairement à Zeus qui est rarement représenté avec cet attribut.
D'autres auteurs donnent comme fabriquant Héphaïstos et des auteurs plus récents comme Hygin (Astron. II, 13) en font la peau de la chèvre Amalthée.
« Et, au milieu d'eux, Athéna aux yeux clairs portait l'Egide glorieuse, impérissable et immortelle. Et cent franges d'or bien tissées, chacune du prix de cent boeufs, y étaient suspendues. » HOMERE Iliade II, 445 sqq
« Elle plaça autour de ses épaules l'Egide aux longues franges, horrible, et mouvante. Et là, se tenaient la Discorde, la Force et l'effrayante Poursuite, et la tête affreuse, horrible et divine du monstre Gorgô. »HOMERE Iliade V738 sqq
• la foudre, qu'il brandit de sa main droite a été fabriqué pour lui par les Cyclopes. Le foudre possède trois niveaux de « d’utilisation » : le premier pour avertir, le deuxième pour punir et le troisième pour tuer.

• le chêne -> couronne, solidité puissante, force, majesté, sagesse

• l'aigle, symbole de royauté, de beauté, de force et de prestige

3. Représentations
*Dans le courant du VIe siècle avant notre ère, il paraît sur les vases peints ; ses statues se multiplient, surtout dans l'Altis d'Olympie, pour les Messéniens ; Agélaïdas avait fait un Zeus combattant.
Au milieu du Ve siècle, Phidias fixa le type classique dans son célèbre Zeus d'Olympie, assis sur un trône, tenant un sceptre et la Victoire, dont relèvent plus ou moins les innombrables représentations de Zeus que nous ont conservées statues, bas-reliefs, fresques ou monnaie.
Le Zeus olympien de Phidias constitua le type idéal, dont s'inspirèrent dans la suite les artistes. On représentait ordinairement le dieu sous les traits d'un homme dans la pleine maturité, au corps robuste, à la figure grave, au front ample et formant à sa partie inférieure une saillie, en retrait de laquelle l'œil s'enfonce profondément. La chevelure épaisse et ondoyante encadre largement le visage, ainsi que la barbe finement bouclée. Rarement nu, sauf dans les images primitives, le dieu porte le plus souvent un long manteau qui laisse découverts le bras droit et la poitrine. Ses attributs sont le sceptre dans la main gauche, le foudre dans la main droite et l'aigle à ses pieds. Son front s'orne souvent d'une couronne de chêne.
Les Crétois le dépeignaient sans oreille pour montrer son impartialité alors que les Lacédémoniens lui en donnaient quatre pour montrer qu'il était à l'écoute de tout.
Dans le célèbre temple d'Olympie, construit entre 462 et 456, se trouvait la fameuse statue du dieu, due au ciseau de Phidias. Dressée sur un piédestal richement orné, de près de 10 mètres de haut et de 7 mètres de large, elle avait elle-même 13 mètres de hauteur. Assis sur un trône où se mariaient le bronze, l'or, l'ivoire et l'ébène, le dieu portait dans la main droite une Victoire couronnée, et sa main gauche s'appuyait sur un sceptre surmonté d'un aigle. Il était vêtu d'un manteau d'or émaillé de fleurs. Son front était ceint d'une couronne d'olivier, et son visage, encadré d'une longue barbe, avait une expression de majesté sereine.

II. Mythologie
1. Enfance, adolescence, prise de pouvoir
Rhéa était furieuse que Cronos dévorât ses enfants les uns après les autres. C'est pourquoi elle prit certaines précautions quand elle mit au monde Zeus, son sixième fils. La légende le fait naître tantôt en Crète, dans une grotte du mont Ida ou du mont Dicté(Hésiode) tantôt en Lydie (Eumélos), ou en Arcadie (Callimaque). Mais les versions s’accordent pour dire que l'accouchement se passa en pleine nuit, là où les créatures n'ont pas d'ombre. Après l'avoir baigné dans le fleuve Néda créé spécialement par Gaia, Rhéa le donna à Gaia.
Celle-ci le transporta à Lyctos en Crète, selon la version la plus connue, où elle le cacha dans la grotte de Psychro sur le mont Dicté (ou Aegéon ou Ida). Elle le confia à la nymphe Adrasté (Celle qui ne recule pas) qui était la fille d'Iasos et de Mélissée, roi de Crète. Elle était la sœur d'Io et de Phoronée.
Pendant ce temps, sur le mont Thaumasion en Arcadie, Rhéa enveloppa de langes une grosse pierre qu'elle donna à Cronos qui l'avala promptement croyant que c'était le jeune Zeus.
Entourant le berceau d'or, accroché dans un arbre (afin que Cronos ne puisse le trouver ni dans les cieux, ni sur terre, ni sur mer), se tenaient les Curètes en armes, fils de Rhéa. Ils frappaient leurs boucliers de leurs lances et criaient à tue-tête pour couvrir ses vagissements du nouveau-né, de crainte que Cronos ne les entendît de loin. Zeus mangeait le miel fabriqué spécialement par les abeilles du mont Ida et fut nourri du lait de la nymphe-chèvre Amalthée.
Il cassa un jour la corne d’une chèvre qu'une nymphe ramassa, l'emplit de fruits et la porta aux lèvres de Zeus. Elle fut nommée corne d'abondance. A la mort de la chèvre, Zeus l'aurait placé dans le ciel comme constellation.
Adrasté était aussi chargée de distraire Zeus nourrisson quand il pleurait ; elle possédait une boule ajourée formée de cercles d'or contenant une pierre ciselée: lorsqu'elle lançait la boule en l'air, elle traçait dans le ciel de longs sillons dorés, semblables à ceux que laisse une étoile filante; Zeus, fasciné, en oubliait rapidement sa peine. Cette boule fut offerte plus tard à Aphrodite, laquelle la céda à Eros en échange d'une flèche tirée dans le cœur de Médée pour la rendre éprise de Jason.

Quand Zeus eut atteint l’âge adulte, il décida de supplanter son père tyrannique; il courtisa la sage Titanide Métis, et la persuada d’ajouter un émétique à la boisson de Cronos qui régurgita alors les enfants qu'il avait dévorés ainsi que la pierre qui avait servi de subterfuge.
Avec ses frères et sœurs il lutta contre Cronos et les Titans pendant dix ans en se faisant aider par les Cyclopes et les Hécatonchires, les géants aux cent bras. Il dut tuer la gardienne Campé qui les tenait enfermés dans le Tartare.
Les Cyclopes offrirent des outils qu'ils avaient forgés:
- foudre pour Zeus.
- trident pour Poséidon.
- casque qui rend invisible pour Hadès.
Finalement ils réussirent à vaincre les Titans qui furent enfermés dans le Tartare.
Il partagea alors le monde avec ses frères Hadès et Poséidon.
2. Zeus et les autres dieux
*La gigantomachie :
Mais cette prise de pouvoir exclusive déplut fortement à leur mère, la Terre, qui monta les Géants contre les Olympiens.
Ce fut alors le début de la Gigantomachie qui ne se présentait pas bien car tous les oracles donnaient les Titans comme invincibles à moins qu'un mortel vint prêter main fort aux dieux. Ce mortel était donc Héraclès. Afin que son stratagème ne fut pas découvert par Gaia, il interdit au soleil, à l'aurore et à la lune de luire. Pendant que Zeus brûlait les Géants avec sa foudre, Héraclès fit basculer les montagnes qui les écrasèrent; les survivants furent enfermés dans le Tartare.
La dernière épreuve que Zeus eut à surmonter fut le combat contre Typhon. Ce fut le plus terrible combat que Zeus eut à engager. Ce monstre immortel aux cent têtes de dragon, que les traits de foudre de Zeus finirent par faire reculer et rejoindre les Titans dans les profondeurs du Tartare, d’où il souffle, depuis, sa rage en ouragans dévastateurs. Selon d’autres versions, il serait enfermé sous l’Etna. Pourtant, la naissance de ce monstre a été l’occasion de faire de Zeus, dans un curieux épisode mouvementé et décrit avec des variantes selon les auteurs , un personnage faible et même désemparé, mettant en péril, par son état d’impuissance — laissé à terre, pantin désarticulé, sans les tendons de ses quatre membres, qu’il devait finalement recouvrer — la cohésion même de l’univers. Cet épisode montre des analogies avec la légende du « Seth » égyptien poursuivant Osiris. C’est un exemple où chez les Grecs la théogonie rejoint précisément la cosmogonie. Par ailleurs, le mythe de Typhon, génie maléfique et indestructible, resurgira plus tard dans d’autres religions pour incarner Satan.
*Les excès
-Il vint un moment où l'exubérance et les excès de Zeus devinrent à ce point insupportables qu'Héra, Poséidon, Apollon et tous les autres habitants de l'Olympe, excepté Hestia, l'entourèrent par surprise tandis qu'il était endormi sur sa couche, l'attachèrent avec des lanières de cuir et firent cent nœuds afin qu'il ne puisse plus bouger. Il menaça de les tuer sur-le-champ mais comme ils avaient mis son foudre hors de sa portée, ils se moquèrent de lui.
Pendant qu'ils célébraient leur victoire et discutaient âprement pour savoir qui serait son successeur, Thétis la Néréide, prévoyant une guerre civile prochaine dans l'Olympe, se hâta d'aller chercher Briarée aux cent bras qui défit promptement les lanières, se servant de toutes ses mains à la fois pour libérer son maître le plus rapidement possible.
Ayant repris en mains le pouvoir, il chercha les coupables pour les punir. Comme Héra était à l'origine de la conspiration dirigée contre lui, Zeus la suspendit dans le ciel, une chaîne d'or attachée au poignet et une enclume à chaque cheville. Les autres dieux étaient furieux mais n'osèrent pas lui porter secours malgré les cris déchirants de l'infortunée Héra. A la fin, Zeus se décida à la libérer à une condition: qu'ils fassent le serment de ne plus jamais s'insurger contre lui; ils obéirent à contrecœur. Zeus punit Apollon et Poséidon en les envoyant sur la terre se mettre au service de Laomédon , le roi de Troie pour un an et, magnanime, il pardonna aux autres.
*Les épouses
-Lorsque sa mère Rhéa, prévoyant les difficultés que créeraient ses désirs amoureux, lui interdit de se marier, il fut pris de colère et menaça de lui faire violence. Bien qu'elle se fût changée sur-le-champ en serpent menaçant, Zeus n'en fut pas pour autant effrayé, il se changea en serpent mâle et, s'unissant à elle en un nœud indissoluble, il mit sa menace à exécution.
-Après avoir exilé son père Cronos, Zeus épousa Métis, la Titanide, mais un oracle l'avertit qu'il se passerait la même chose qu'avec Ouranos: ses enfants lui raviraient à leur tour le pouvoir; il avala Métis qui était enceinte, et disait-il, elle continua à lui donner de sages conseils. Dans l'iconographie, Métis est souvent représentée en miniature sous le trône de Zeus.
-La titanide Thémis fut la seconde épouse légitime de Zeus. Avec ce dernier elle engendre les Heures, les Moires, Astrée et les Nymphes de l'Eridan (le Pô). Selon une autre légende elle fut la mère de Prométhée.
-Parfois Dionè est donnée comme une épouse légitime de Zeus avec qui il aurait eu Amphitrite et Aphrodite selon Homère. Il existe très peu d'information sur cette déesse primitive dont le nom est le féminin de Zeus. De plus leurs cultes sont confondus à Dodone. Dans certains textes elle apparait comme une dénomination d'Héra.
-Puis Zeus rechercha sa sœur jumelle Héra à Cnossos en Crète, (ou, au mont Thornax en Argolide) où il la courtisa, d'abord sans succès. Mais elle eut pitié de lui lorsqu'il adopta le déguisement d'un coucou mouillé et elle le réchauffa tendrement dans son sein. Il reprit alors aussitôt sa véritable apparence et se marièrent.
Tous les dieux apportèrent de nombreux cadeaux pour le mariage. Les Moires elles-mêmes chantèrent le chœur d'hyménée. Les deux nouveaux mariés passèrent leur nuit de noces à Samos et sur la volonté de Zeus elle dura trois cents ans.
*Le rival Prométhée
Prométhée est, étymologiquement, « celui qui pense avant », contrairement à son frère Epiméthée, « celui qui pense après ». Une rivalité va s’instaurer en Prométhée et Zeus lorsqu’il va s’agir de séparer les dieux et les hommes. Zeus va charger Prométhée de cette tâche. Pour la première, Prométhée va cacher les os d’un bœuf d’une une panse bien grasse et les bons morceaux dans une peau peu ragoutante. Même si Zeus, se doute du piège, il va tout de même choisir le premier lot, permettant ainsi aux humains de manger les meilleurs morceaux, tout en étant liés à cette nécessité. L’inverse se produit pour les dieux. Deux autres « épreuves » vont se succéder, le vol du feu de Zeus par Prométhée qu’il va cacher dans une férule puis, Pandore, la première femme et la boite contenant tous les maux. Prométhée se fait le défenseur des hommes, celui qui se rebelle devant le pouvoir de Zeus.
Zeus va ensuite se venger, furieux que le Titan l’ait défié. Il va l’enchainer à une colonne et envoyer son aigle lui dévorer le foie tous les jours. Chaque nuit, son foie repoussait mais l’aigle revenait le dévorer le jour suivant. Zeus autorisera Héraclès à le délivrer lors de ses douze travaux.
Prométhée est finalement une figure allégorique du panthéon. Il représente sans doute la créature opportuniste, roublarde, rebelle et débrouillarde dont l’idéal est de devenir une force à l’égale des dieux, un lien entre les dieux et les hommes et que Zeus est contraint désormais de prendre à un certain niveau de considération.
3. Relations mortelles/divines, enfants
Mais la longue série de ses aventures amoureuses ne s'arrêta pas après son mariage. Car il eut, soit au ciel avec les déesses, soit sur la terre avec des nymphes ou des mortelles, de très nombreuses aventures galantes, et fut le père de nombreux dieux ou déesses, demi-dieux, nymphes, héros et rois. Parfois une mise en garde le contrariait dans ses projets comme par exemple quand il voulut conquérir la néréide Thétis.
Pour tromper la vigilance de ses futures conquêtes et surtout détourner la jalousie de son épouse légitime, Zeus avait l'habitude de prendre un aspect différent. Ainsi se transforma-t-il en cygne pour conquérir Léda, en taureau pour séduire Europe, en pluie d'or pour approcher Danaé mais aussi en fourmi pour Euryméduse, en cheval, en aigle, en satyre, en nuage, en serpent ou encore en prenant l’apparence d’Artémis.
Parfois il prenait simplement l'apparence d'une connaissance ou mieux du mari (Amphytrion) pour convaincre ses conquêtes (Alcmène).La polygamie de Zeus n'apparaît pas une tradition venue des Grecs dont elle ne faisait pas partie des mœurs. Les alliances de Zeus furent d’abord nécessaires pour étoffer le panthéon et assurer la diversité des fonctions et des attributions divines. Les unions libres avec des créatures terrestres eurent de leur côté le mérite de combler le fossé trop abrupt entre les dieux, les nymphes et les mortels. Sont ainsi créés des demi-dieux ou héros qui seront autant de personnages aux vertus symboliques tantôt édifiants, tantôt caricaturaux. Ne sont recensées ci-après que les épouses réputées d’essence divine.
Métis, une Océanide : la première épouse de Zeus. Sa maternité fut assombrie par la prédiction de Gaïa qui avertit Zeus qu’une fille qui naîtrait aurait autant de sagesse que son père et qu’un fils qui suivrait le détrônerait. Zeus avale son épouse enceinte, mais, selon une version plausible, sous la forme d’une mouche où se cachait Métis, prompte au déguisement. Sa fille Athéna, une fois formée dans son ventre, ressortit adulte et toute armée de sa tête, ouverte par la hache d’Héphaïstos.
Thémis, une Titanide : elle enfanta de Zeus les trois Heures, et les Moires (ou Parques, chez les Latins). Selon une autre version, Thémis serait l’épouse régulière du Titan Japet avec qui elle aurait eu Prométhée. Elle serait donc bigame dans ce cas, mais une version usuelle indique que l’épouse et mère véritable est l’Océanide Clymène. Thémis avait un don de voyance qui servit plus tard à Zeus à éviter d’engendrer le fils qui l’aurait supplanté ; et à Atlas qui sut qu’un fils de Zeus, Héraclès, viendrait voler les pommes d’or des Hespérides.
Eurynomé, une Océanide : de qui Zeus engendra, les trois Charites (ou Grâces), pour les plus connues. Ces filles n’eurent aucun rôle majeur. Leur parenté, leur nombre et leurs noms diffèrent parfois.
Déméter, une Olympienne, sœur de Zeus : déesse d’une grande importance mais dont les relations avec cet époux épisodique sont limitées. On la connaît surtout par ses démêlées pour secourir leur fille Perséphone, victime de toutes sortes d’aventures fâcheuses, fille qu’on fait naître par ailleurs de Styx, une déesse infernale.
Mnémosyne, une Titanide : elle engendra les neuf Muses.
Héra, elle-même sœur de Zeus : elle est donnée comme l’épouse définitive et « officielle » du dieu. Mais il apparaît souvent au détour des récits que les deux époux se fréquentaient de longue date. Ils eurent Arès, Hébé et Ilithye et la tradition n’oublie pas leur fils Héphaïstos qu’Hésiode veut faire naître d’Héra sans principe mâle (capacité normalement réservée aux dieux primitifs, tels Gaïa ou Tartare).
Héra qui a eu un culte distinct de Zeus est montrée dans la mythologie d’un caractère très contrasté. Tantôt victime de la colère vengeresse de son époux (nous avons mentionné que Zeus la pend aux nues par les pieds avec une enclume attachée à chaque poignet pour la châtier de ses vexations à l‘égard de son fils Héraclès), elle peut aussi lui opposer une forte résistance et jusqu’à la traîtrise, puisque, selon un récit, elle n’aurait pas hésité, sans l’intervention de Thétis, à neutraliser son pouvoir. À tel point que l’Iliade lui a attribué l’enfantement de Typhon, considéré généralement comme une créature du Tartare.
Léto, une Titanide : elle donne des jumeaux à Zeus : un garçon, Apollon et une fille Artémis. Leur naissance donna cours à des versions fort différentes. C’est sans doute la plus belle progéniture du maître des dieux mais il s'agit d'enfants terribles et qui avaient, entre autres, la particularité d’annoncer la mort aux humains, chacun aux personnes de son sexe : « les douces flèches de la Mort » chantait Homère.
Dioné, une déesse « primitive » : amante de Zeus, son rôle semble lié aux oracles. Homère en fait une Océanide, mère d’Amphitrite et d’Aphrodite. La paternité de Zeus concernant Aphrodite est reconnue par l’aède mais déniée par Hésiode qui la fait naître de la semence d’Ouranos répandue sur la mer (elle est alors connue comme la déesse « anadyomène », née de l’écume).Mais plus sûrement, le nom de Dioné étant une forme féminine de Zeus, quelques auteurs penchent pour une « déesse–mère » de tradition évidemment méditerranéenne, un pendant du dieu patriarcal; ou alors pour un avatar de la femme de Zeus, à laquelle Héra aurait été peu à peu assimilée.
Maïa, une Pléiade : elle est mentionnée puisque d’essence divine mais elle aurait été plutôt un amour passager de Zeus déjà marié à Héra. Cette dernière, toujours prompte à sanctionner durement les incartades de son époux, n’en eut cependant aucun ombrage et fut même bienveillante à son égard. De l’union naquit Hermès, fidèle factotum de son père et grand amoureux comme lui.
Hybris, divinité allégorique de l’hybris, la démesure : engendrera le dieu Pan.
Thétis, une Néréide, sœur d’Eurynomé : la tentation tourna court puisque Zeus tomba sous le coup d’une des prédictions de Gaïa, qui restera une véritable malédiction familiale: le fils qui naîtrait de cette liaison supplanterait son père. Elle fut mariée par précaution au mortel Pélée.
Niobé, fille d’une nymphe mais mortelle : Première humaine à laquelle Zeus s’unit, elle engendrera Argos, le gardien aux cent yeux et cinq filles qui, à leur tour, engendreront les satyres.
Léda, une mortelle : femme du roi de Sparte, Zeus se transforme en cygne pour la charmer. Léda va ensuite pondre deux œufs, l’un contenant Pollux et Hélène, enfants de Zeus et l’autre contenant Castor et Clytemnestre, enfants du roi de Sparte.
Europe, une humaine : fille du roi de Tyr, Zeus la charme sous forme de taureau et l’enlève jusqu’en Crète, voire jusqu’au Bosphore selon les versions. De leur union naitra, entre autres, Minos, futur roi de Crète. Elle sera elle-même donné en mariage à Astérion, roi de Crète.
Alcmène, une humaine : épouse d’Amphytrion, Zeus prit son apparence pour engendrer Héraclès. A sa mort, elle épousa Rhadamanthe, une des trois juges des Enfers.
Sémélé, une humaine : après en avoir fait son amante, il lui apparut dans toute sa splendeur, comme Héra le lui avait demandé, par pure jalousie. Foudroyée, Zeus n’eut que le temps de sauver Dionysos de son ventre pour ensuite le garder dans sa cuisse dont, ce dernier sortit, une fois grand.

Ganymède, un humain : prince troyen, berger, dont Zeus fit son amant et l’échanson des dieux.


III. Les hommes et Zeus
1. Sanctuaires : Olympie, Dodone, Némée
Zeus est par nécessité un dieu qui délivre des présages qui se montre attentif aux suppliques (Zeus Hikésios, dieu des suppliants) Il est, selon Hésiode, le recours suprême des opprimés. Zeus communique ses intentions par des moyens variés : ornithomancie (vol des oiseaux), oniromancie, (bruits, les klèdonès), extase, tirage au sort (les Klèroï ; latin : sortes), et nombre de manifestations atmosphériques. Trois principaux sanctuaires lui furent consacrés pour entendre ses oracles.
Le site de Dodone : en Thesprôtie, au pied du mont Taumaros, le plus ancien puisqu’il remonterait aux Pélasges et le plus mythique car il est mentionné par Sophocle et consulté chez Homère dans ses deux récits. Hérodote raconte (Histoires, Livre II, § 54 à 58) que « deux colombes noires, s'étant envolées de Thèbes en Egypte, s'en allèrent l'une en Libye, l'autre à Dodone. Cette dernière, se posant sur un chêne, se mit à parler d'une voix humaine et à dire qu'il fallait fonder en ce lieu un oracle de Zeus ; les gens de Dodone pensèrent qu'ils recevaient là un ordre émanant des dieux et sur cet avis fondèrent l'oracle ».
L'interprétation des oracles de Dodone était confiée à un collège de prêtres, les Selles, dont le nom n'était autre, sans doute, que celui des anciens habitants du pays. Ces prêtres pratiquaient l'ascétisme, couchaient à même le sol et ne se lavaient jamais les pieds. On a voulu y voir l’origine tellurique de la mantique dodonéenne.
Plus tard, on adjoignit aux Selles trois prêtresses, dénommées Péléiades qui rendaient des oracles par « dendromancie », c'est-à-dire l’écoute du bruit des feuilles d’un chêne sacré. Elles étaient plus spécialement attachées au service de la déesse Dioné, que l'on vénérait à Dodone à côté de Zeus et qui y tenait le rôle d'Héra. Elle était ainsi rattachée à Naïos, avatar féminin de Zeus. Des fêtes, appelées Naïa, composées de concours gymniques et artistiques (musique et théâtre), étaient données dans la vallée.
Le site de Delphes, où officie « l’Apollon de Delphes », prophète de son père Zeus. Site sauvage de Phocide, au fond d’une gorge entre le mont Cirphis et le Parnasse d’où sourdent les eaux de la Fontaine de Castalie, et éclairé par les Phaedriades, roches claires qui reflètent le soleil. Les oracles étaient rendus au tout début du printemps par une prêtresse inspirée au cours de transes, la Pythie, qui se prononçait hissée sur un trépied. Il est toujours demeuré le plus prestigieux sanctuaire grec et l’amphictyonie rassemblait dans la meilleure entente Doriens, Ioniens, Athéniens, Spartiates, Corinthiens et Thébains.
Le site d’Olympie : les oracles émanaient à une époque de l’examen de la flamme qui brûlait « éternellement » sur l’autel consacré au dieu. Ils étaient rendus par une longue lignée de prophètes, les Iamides, issue d’Iamos, fils d’Apollon et d’une mortelle. Des Jeux y étaient organisés, lesquels devinrent, selon Hippias, des Jeux « pentétériques » (qui reviennent tous les quatre ans), les Jeux olympiques, dont il date la refondation en 776 av. J.-C. Le site abritera également le temple de la fameuse statue colossale chryséléphantine représentant Zeus en majesté, sculptée par Phidias. Ce site d'Olympie avait un caractère secondaire; la famille des Iamides, attachée au culte de Zeus, y présidait l'avenir, en particulier par l'observation des entrailles des victimes: ils apparaissaient plus comme des devins indépendants que comme des prophètes inspirés par le dieu.
Sanctuaire d’Hellade : C'est un sanctuaire d’origine mycénienne, occupé par les Hellènes, qui l'annexèrent à leur profit. La divination était rendue par une (ou trois selon les époques) prophétesse, appelée « péliade»; elle se plaçait sous le chêne de Zeus et écoutait la voix du dieu dans le bruissement des feuillages. Comme la pythie delphique, il semble qu'elle ait aussi bu l'eau d'une fontaine sacrée. On lui posait les questions par écrit sur des lamelles de plomb, et la réponse devait se faire oralement.
L'oracle de Zeus Ammon : Situé dans une oasis libyenne, il fut connu des Grecs au moment de l'installation de leurs premiers comptoirs en Egypte. La divinité oraculaire, Ammon, était un dieu égyptien hellénisé sous le nom de Zeus. Les Athéniens le consultèrent souvent pendant la guerre du Péloponnèse, et il est surtout célèbre pour la visite que lui fit Alexandre le Grand. La statue du dieu, portée sur une nacelle dorée, bougeait la tête pendant les processions et les prêtres interprétaient ces signes; par ailleurs, il y avait une source miraculeuse dont on vendait l'eau par-delà les mers pour être utilisée dans les conjurations et les lustrations. Hérodote a décrit le lieu où coulaient des sources dont la Fontaine du Soleil qui servait aux lustrations. On y entretenait grâce à la fraîcheur des lieux « un printemps perpétuel ». Les oracles y étaient rendus par des prêtres qui devaient interpréter les signes envoyés par le dieu. Pindare, le plus grand poète lyrique grec qui a beaucoup célébré Apollon, vouait un culte particulier au Zeus-Ammon libyen. Il lui avait, dit-on, non seulement consacré des hymnes mais aussi érigé une chapelle.
Les auteurs anciens (Plutarque, Diodore de Sicile, Strabon, Macrobe, etc.) se rejoignent sur le culte de Jupiter entretenu à Thèbes (dite aussi Diospolis-Magna) et coïncidant avec celui d’Amon qui est à l’origine le dieu roi en Égypte. Ce Jupiter (Zeus Kératophoros) est représenté avec le front armé des cornes d’un bélier (rarement avec la tête entière), autre animal mythique égyptien qui représente la force génératrice de la Nature. Le bélier était le premier des douze signes célestes, système où Jupiter représentait pour l’Oracle de Claros, le Soleil du printemps.
L’Oracle de Libye eut une réputation qui s’étendit bien au-delà de la contrée. Il avait eu la faveur des Lacédémoniens qui lui avaient fait élever un temple « dans les sables » de Libye, aujourd’hui l’oasis de Siwa, à quelque 250 km de la côte libyenne qui fait face à la Crète. Le culte de Jupiter-Ammon, que les Éléens honoraient déjà dans la plus haute Antiquité, selon Pausanias (livre sur la Laconie), se rencontrait également en Éthiopie et s’était, à partir de là, établi jusqu’en Crète qui fut la terre d’introduction en Grèce de ce dieu libyen qui y renaîtra en un Jupiter foudroyant. Son culte gagnera la Laconie, l’Arcadie et l’Élide. Le culte de Jupiter-Ammon a ainsi été commun aux trois pays du nord-est africain.
Les montagnes, dont le sommet tutoie les nuages et les éclairs, vont être considérées comme des lieux sacrés où la communication entre Zeus et les hommes est privilégiée. Ainsi, de nombreux sanctuaires s’installeront dans les hauteurs. Les principaux sommets étant : l’Olympe principalement (la plus haute : environ 2 900 m), mais aussi le Parnès (en Attique, Zeus Ombrios, le dieu des pluies) ; le Pélion (en Thessalie, Zeus Akraïos, le dieu du sommet) ; le Lykaion (en Arcadie, aujourd’hui : Diaphorti, Zeus Lykaïos)… C’est de ces hauteurs terrestres qu’il descend parfois vers les Hommes et c’est tout naturellement qu’Iris dont l’arc-en-ciel joignait la terre aux cieux fut sa messagère. La vallée de Tempée, creusée par les eaux du Pénée entre l’Olympe et l’Ossa est attribuée au bras puissant de Zeus qui sépara la montagne.
2. Les Jeux Olympiques
Ils auraient été fondés par Héraclès, fils de Zeus, qui aurait provoqué ses frères à la course, les récompensant d’une couronne d’olivier, mais selon d’autres sources, ce serait Pélops, un roi grec, qui aurait organisé des courses de chars dont le gagnant remporterait sa fille.
L’olympisme antique est un phénomène religieux et ainsi au Vème siècle toute une journée du programme était réservée aux sacrifices par lesquels on rendait hommage à Zeus et à Pélops dont le tombeau serait sur le site même d’Olympie. On y trouve essentiellement des animaux, bœufs et chevaux, des petites statues représentant des guerriers ou des conducteurs de char, et de grands trépieds.
La première olympiade est datée de 776 par le sophiste Hippias mais peut être antérieure. Cette date correspond cependant à une époque où de grands travaux furent organisés pour bâtir des installations. On peut donc la considérer comme le début de jeux véritablement organisés. Concurrents : hommes libres originaires de l’ensemble du monde grec, les Macédoniens en étaient exclus, seule la famille royale pouvait participer. Trêve sacrée, unité du monde grec autour de l’Altis, la gloire de la victoire rejaillit sur la famille et la cité et de l’arété, le goût de l’effort.
Les jeux durent de 1 à 6 jours en fonction de l’époque : en 776, il n’existe qu’une épreuve unique, la course, accompagnée de sacrifices. En 468, les concours se déroulent sur 5 jours puis sur 6, autour du Ier siècle après J.C. Dans le système en 5 jours, 2 jours seulement étaient dévolus aux concours (un jour pour les serments et examens, un autre pour les cérémonies religieuses : sacrifice de 100 bœufs en l’honneur de Zeus (consumation des chairs pour les dieux) ; cérémonie sacrificielle qui montre bien le caractère religieux de la cérémonie et des concours et le dernier jour pour le banquet des vainqueurs). Il est à noter qu’à partir de 632, des épreuves pour enfants de 12 à 18 ans furent organisés, regroupant la course, la lutte et la boxe un peu plus tard. Au moment de la fondation d’Olympie et l’institution des concours en 776 telle qu’elle est décrite dans l’Iliade par Homère, lors de funérailles de Patrocle, l’ordre était le suivant :
- course de chars, avec en récompense, une captive et un trépied de 22 mesures
- le pugilat
- la lutte
- la course à pied
- le duel à la javeline (s’arrêtant au premier sang versé)
- lancer de disque
- tir à l’arc
- lancer de javeline
Le duel et le tir à l’arc ne seront cependant plus organisés lors de grands concours quinquennaux. A partir de 708, le lancer de disque et du javelot, le saut, la course et la lutte sont regroupés dans le pentathle. Le saut se pratiquait sans élan muni d’haltères de 4kg chacun. Pour la lutte, la boxe et le pancrace, il était uniquement interdit de mordre et de crever l’œil de son adversaire. Tout le reste était autorisé. Au cours du pancrace, la victoire était généralement obtenue par étranglement. Les courses de char étaient les seules épreuves où les femmes pouvaient participer. En effet, était déclaré vainqueur le propriétaire de l’attelage et non l’aurige.
Si les classes les plus aisées pouvaient se permettre d’avoir un entraineur privé, peu à peu, c’est la cité qui contribue à la préparation des athlètes. Les concours s’inscrivent alors dans la formation de citoyen et c’est la cité, autant que l’athlète qui est célébré en cas de victoire. Les juges portaient le nom d’hellanodique, au nombre 10 au début du Vème siècle. L’argent des punitions qu’ils imposaient servaient à ériger des statues en l’honneur de Zeus.
Les récompenses, tout au long de l’histoire d’Olympie, se limitaient strictement à la couronne d’olivier, contrairement aux Panathénées au le premier prix atteignait 140 amphores, soit 2800 litres d’huile. Une victoire pouvait rapporter cependant 500 drachmes selon la loi.
Exemple de Mélésias l’Athénien qui apprit l’art de la lutte à l’Eginète Alcimédon, olympionique en 460 dans la catégorie enfant et qui pouvait se vanter d’avoir porté à la victoire dans les concours 30 de ses élèves. Cette victoire est rapportée à Zeus car Pindare, dans ses Odes Olympiques écrit : « Zeus (…) a donné à Alcimédon la victoire olympique. La beauté d’Alcimédon a excité l’admiration et ses exploits n’ont pas démenti sa beauté. »
3. Zeus dans l’histoire
L'importance de Zeus dans tous les domaines deviendra si constante qu’elle s'érigera au-dessus de tous les autres cultes. Si certaines divinités furent adorées plus particulièrement dans certaines régions, Zeus est toujours demeuré le dieu universel honoré partout. Il fut véritablement le trait d’union panhellénique. Les épithètes (ou « épiclèses ») que reçut ce dieu paternel sont innombrables. Beaucoup de dieux de l’Olympe dans l’entourage de Zeus sont des personnifications de notions morales : justice, sagesse, beauté, destin, vengeance, etc., ou les instruments de lois divines : les trinités (Moires, Érinyes, Gorgones, etc. ; M. Grant rappelait que des philosophes tels Xénophane (VIe siècle) ou le pieux Socrate — qui fut pourtant condamné à mort pour impiété — se sont indignés de certains récits qui faisaient des dieux des personnages caricaturaux, sans morale et sans mœurs.
A partir des IIIème et IIème siècles, la popularité des dieux baissent à cause d’une crise politique et religieuse. Certains dieux y échappent pourtant, par syncrétisme avec des dieux étrangers, souvent orientaux : Zeus est associé à Ammon, Dionysos à Osiris, Hermès à Thôt, mais souvent ce sont ces dieux eux-mêmes qui entrent au panthéon, comme Isis, Sérapis, Cybèle, venue d’Orient. C’est aussi l’époque du développement des cultes à mystères, des associations religieuses mais aussi des cultes royaux comme celui d’Alexandre. Sous son influence, Zeus est renouvelé, et lui est annexé à des dieux locaux en Asie Mineure, en Syrie, en Mésopotamie et à Baal dans les cultures orientales.

CONCLUSION
Dans Les Travaux et les Jours, Hésiode s’adresse à Zeus afin qu’il replace les lois dans l’équité. Le premier acte du dieu est de neutraliser ses encombrants ancêtres préolympiens, de libérer les innocents suppliciés et de rétablir sa fratrie légitime. Sûr de sa force et de son bon droit, il sera désormais « le père des dieux et des hommes ». Homère avait, à juste titre, fait de Zeus, dans l’Iliade, l’aîné de la famille. Car c’est bien en véritable grand frère qu’il va exercer son autorité. Plus tard, sa nombreuse progéniture, divine ou mortelle, renforcera ce caractère de patriarche de la famille. De par son aspect de dieu-père d’inspiration indo-européenne mais immergé dans une société méditerranéenne où prédominent les déesses-mères, Zeus est, selon Louis Séchan, « pour l’essentiel, la grande divinité des immigrants hellènes ».


Laure-anne

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Re: Exposé d'histoire : Zeus

Message  Benji le Dim 21 Nov - 23:32

Bien coolos ça, moi qui n'ai rien noté, merci Very Happy

Benji

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Re: Exposé d'histoire : Zeus

Message  Laure-anne le Lun 22 Nov - 14:17

A ton service ! Il suffit juste d'un petit copier-coller !

Laure-anne

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